EURL ou SASU, c’est le choix qui va décider, chaque année, de combien vous garderez sur ce que vous gagnez. La plupart des comparatifs vous listent des différences juridiques. Aucun ne répond à la seule question qui compte : selon votre façon de vous payer, lequel vous laisse le plus de net.
La réponse ne dépend pas du statut en lui-même, mais de comment vous sortez l’argent. En rémunération, l’EURL est souvent plus légère. En dividendes, la SASU prend l’avantage. Ce guide pose le calcul pour 2026.
EURL ou SASU : quelle différence pour votre net ?
La différence tient au régime social du dirigeant. En EURL, le gérant associé unique est travailleur non salarié (TNS) : ses cotisations sont plus légères, mais sa protection plus faible. En SASU, le président est assimilé salarié : cotisations plus élevées, mais protection complète. Le second point décisif, ce sont les dividendes, traités à l’opposé dans les deux statuts.
EURL : le régime TNS, des cotisations plus légères
En EURL, le gérant relève du régime des travailleurs non salariés. Sur sa rémunération, il paie environ 45 % de cotisations sociales (ordre de grandeur, variable selon le revenu). C’est nettement moins qu’en SASU.
La contrepartie est une protection sociale plus limitée :
- Pas d’assurance chômage.
- Des indemnités journalières et une retraite complémentaire moins généreuses.
- Une prévoyance souvent à compléter soi-même.
Pour un dirigeant qui se verse l’essentiel de son revenu en rémunération, ce régime plus léger laisse mécaniquement plus de net.
SASU : le régime assimilé salarié, une protection complète
En SASU, le président est assimilé salarié. Ses cotisations sont élevées : sur 100 euros de coût pour l’entreprise, il reste environ 54 euros nets avant impôt. Mais il bénéficie de la protection sociale d’un salarié : retraite de base et complémentaire, indemnités maladie, prévoyance. Seul le chômage reste exclu.
Ce régime coûte plus cher sur la rémunération, mais sécurise mieux le dirigeant. Et surtout, il ouvre un avantage décisif sur les dividendes.
Le point qui change tout : les dividendes
C’est ici que se joue le vrai arbitrage, et c’est ce que la plupart des comparatifs passent sous silence.
- En SASU, les dividendes ne supportent aucune cotisation sociale. Ils subissent seulement la flat tax de 31,4 % en 2026 (12,8 % d’impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux). Source : service-public.gouv.fr.
- En EURL, les dividendes qui dépassent 10 % du capital social (majoré des primes d’émission et du compte courant d’associé) sont soumis aux cotisations TNS, soit environ 45 %, en plus de l’imposition. Avec un petit capital, presque tous vos dividendes sont concernés.
Traduction : si vous voulez vous rémunérer en partie par dividendes, la SASU est bien plus efficace. Si vous vous versez tout en rémunération, l’EURL reste plus légère.
Le vrai calcul : combien vous reste-t-il ? (2026)
Prenons un dirigeant avec 80 000 euros de bénéfice disponible et comparons la logique selon la façon de se rémunérer.
Hypothèses simplifiées pour l’illustration : cotisations TNS d’environ 45 % en EURL, net d’environ 54 % du coût en SASU, IS à 15 % jusqu’à 42 500 euros puis 25 %, flat tax à 31,4 %, dividendes EURL soumis aux cotisations au-delà de 10 % d’un capital faible. Les montants réels dépendent de votre situation.
| Votre façon de vous payer | Statut le plus avantageux | Pourquoi |
|---|---|---|
| Surtout de la rémunération | EURL | Cotisations TNS plus légères que le régime salarié |
| Surtout des dividendes | SASU | Dividendes sans cotisations, contre ~45 % en EURL |
| Un mix salaire et dividendes | SASU le plus souvent | Le salaire sécurise les droits, les dividendes échappent aux cotisations |
| Vous voulez une protection sociale forte | SASU | Régime salarié complet, hors chômage |
L’écart de net entre les deux peut atteindre plusieurs milliers d’euros par an. Il ne se devine pas : il se calcule sur votre bénéfice, votre capital et votre besoin de protection.
EURL ou SASU : le comparatif 2026
| Critère | EURL | SASU |
|---|---|---|
| Régime social du dirigeant | TNS (indépendant) | Assimilé salarié |
| Cotisations sur la rémunération | ~ 45 % (plus léger) | Élevées (net ~54 % du coût) |
| Protection sociale | Plus limitée | Complète (hors chômage) |
| Cotisations sur les dividendes | Oui, au-delà de 10 % du capital | Non, jamais |
| Imposition des dividendes | Flat tax 31,4 % (+ cotisations éventuelles) | Flat tax 31,4 % seulement |
| Capital | Parts sociales | Actions |
| Idéal si vous vous versez | De la rémunération | Des dividendes ou un mix |
Comment choisir entre EURL et SASU
Le choix se résume à une question : comment comptez-vous vous rémunérer ?
- Vous vous versez tout en rémunération, vous voulez le net maximal : l’EURL et son régime TNS plus léger l’emportent souvent.
- Vous voulez arbitrer salaire et dividendes, ou une protection solide : la SASU, grâce à ses dividendes sans cotisations, est plus efficace.
- Vous hésitez : c’est justement là qu’un calcul chiffré sur votre situation évite de choisir le mauvais statut pour dix ans.
Simulez votre cas
Entrez votre enveloppe de rémunération pour comparer le net des deux statuts, en direct.
Simulateur : EURL ou SASU, combien vous reste-t-il ?
Pour une même enveloppe de rémunération, comparez le net selon le statut.
EURL, SASU et chômage : deux logiques face à l’ARE
Si vous démarrez en percevant l’allocation chômage (ARE), la SASU offre un avantage net : le président peut se verser zéro salaire et uniquement des dividendes, qui ne réduisent pas l’ARE (ils ne sont pas un revenu d’activité). Vous conservez votre allocation tout en sortant de la trésorerie. En EURL, le gérant TNS joue plus difficilement ce levier, car sa rémunération et une partie de ses dividendes sont traitées comme un revenu d’activité.
Deux atouts supplémentaires à connaître
- Lever des fonds : la SASU (transformable en SAS) est la structure attendue par les investisseurs, avec ses actions et sa souplesse statutaire. L’EURL s’y prête mal. Si vous visez une levée ou l’entrée d’associés, la SASU s’impose.
- Option pour le régime micro : à l’inverse, l’EURL dont l’associé unique est une personne physique peut, sous conditions, rester au régime micro-entreprise. C’est impossible en SASU. Un argument pour l’EURL au démarrage, quand on privilégie la simplicité.
Un cas réel : Julie, de la SASU à l’EURL
Julie, formatrice en ligne, facture 100 000 euros par an. En SASU, elle versait 36 000 euros à l’État contre 21 000 euros à elle-même, soit 1 750 euros par mois. Cherchez l’erreur. Nous l’avons passée en EURL à l’IS : la seule suppression de la taxe sur les salaires a dégagé environ 5 000 euros par an, complétée par les chèques-vacances, le CESU, les frais réels et les indemnités kilométriques.
Bilan : +10 000 euros sur un an, à chiffre d’affaires égal, avec au passage une meilleure mutuelle et une vraie prévoyance. La SASU n’était pas une erreur en soi : elle était simplement le mauvais outil pour sa façon de se rémunérer.
FAQ
Quel est le mieux entre SASU et EURL ?
Cela dépend de votre façon de vous rémunérer. Pour se verser surtout de la rémunération, l’EURL et son régime TNS plus léger laissent plus de net. Pour arbitrer salaire et dividendes ou une meilleure protection, la SASU l’emporte grâce à ses dividendes sans cotisations.
Quels sont les inconvénients d’une EURL ?
Une protection sociale plus faible (pas de chômage, retraite et indemnités moins généreuses) et surtout des dividendes soumis aux cotisations sociales au-delà de 10 % du capital, ce qui les alourdit fortement quand le capital est faible.
Les dividendes sont-ils taxés différemment en EURL et en SASU ?
Oui. En SASU, ils ne subissent que la flat tax de 31,4 %. En EURL, la part qui dépasse 10 % du capital social supporte en plus les cotisations TNS, soit environ 45 %. C’est la différence la plus décisive entre les deux statuts.
Quel chiffre d’affaires pour un salaire de 2000 euros en SASU ?
Cela dépend de vos charges et de votre marge, mais comptez qu’un salaire net de 2 000 euros coûte environ 3 700 euros à l’entreprise une fois les cotisations d’assimilé salarié ajoutées. Le chiffre d’affaires nécessaire se calcule sur votre situation réelle.
Peut-on passer d’une EURL à une SASU ?
Oui, la transformation est possible mais implique des formalités et des conséquences fiscales. Mieux vaut choisir le bon statut dès le départ, ou faire chiffrer l’intérêt réel du changement avant de l’engager.
L’essentiel en une image

En résumé
EURL ou SASU, il n’y a pas de gagnant universel, il y a un gagnant selon votre façon de vous payer. L’EURL est plus légère sur la rémunération, la SASU imbattable sur les dividendes. Le mauvais choix vous coûte plusieurs milliers d’euros par an, année après année.
Sources officielles
- service-public.gouv.fr — flat tax 31,4 % en 2026, régimes social des dirigeants
- urssaf.fr — cotisations TNS, dividendes EURL au-delà de 10 % du capital
- bpifrance-creation.fr — comparaison EURL / SASU
Taux, plafonds et seuils vérifiés en 2026 sur les sources officielles ci-dessus.
Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil personnalise. Les dispositifs et montants evoques s’appliquent sous conditions et doivent etre etudies au cas par cas, idealement avec un professionnel du chiffre et du droit.



